L’argent ne fait pas le bonheur

octobre 22, 2021 Par Félix

La notion de PIB (Produit Intérieur Brut) est l’indicateur le plus utilisé pour décrire la santé d’un pays, l’économie de celui-ci, la richesse de sa population… Souvent, qualité de vie et PIB d’un pays sont associés. En effet, un pays avec un PIB important serait plus agréable à vivre et donc le bonheur de la population serait fonction du PIB. Cette information est dramatique lorsqu’on compare PIB et émissions de dioxyde de carbone (CO2).

Ci-dessous, la comparaison du PIB mondial et les émissions mondiales de CO2 par année :

A ce jour, et d’après ce graphique, avoir un PIB élevé implique des émissions de CO2 élevées. Cette information et conclusion complexifie la décarbonation et l’atteinte de la neutralité carbone en 2050 pour respecter les Accords de Paris. Il faudrait choisir entre la Vie et le respect des Accords de Paris ou alors le confort et le « mieux vivre ».

Pour échapper à ce choix il y a plusieurs alternatives. En voici deux : la décorrélation entre le PIB et les émissions mondiales de CO2 ou alors dissocier le PIB et le « bonheur de vivre ». La première solution fait débat. En revanche, la seconde est beaucoup moins populaire alors qu’elle serait atteignable et que nous l’avons déjà atteinte en partie dans certains pays.

Pour comprendre, nous allons introduire un nouvel indicateur, le BNB (Bonheur National Brut). Cet indicateur mesure le bonheur d’une population dans un pays. A partir de cet indicateur, est-il possible d’avoir un PIB faible et un BNB élevé ce qui signifierait qu’il est possible d’être à la fois « heureux » et écologique.

Ci-dessous, la comparaison du PIB et BNB par pays pour l’année 2019 :

A partir de ce graphique, le PIB aurait une incidence importante lorsque le pays a un très faible PIB mais très rapidement le BNB stagne malgré des PIB extrêmement élevés. Donc le bonheur d’un pays n’est pas uniquement lié à la richesse de celui-ci, comme l’avait prédit un vieux dicton « l’argent ne fait pas le bonheur ».

A titre de réflexion, une comparaison est obligatoire entre deux types de pays. Prenons l’exemple du Guatemala et du Portugal. Le Guatemala obtient un meilleur score BNB alors que son PIB / habitant est quasiment 5 fois plus faible que celui du Portugal. De plus, le Guatemala respecte quasiment les Accords de Paris avec une empreinte carbone moyenne par habitant de 1,7 tCO2,éq (les Accords de Paris préconisent 1,5 tCO2,éq/habitant).

L’objectif de cette comparaison n’est pas de stigmatiser les « mauvais élèves » mais ouvrir le champ des possibles et que d’autres modes de vie plus sobres peuvent nous rendre tout aussi heureux voire plus.

La réponse est donc peut-être plus simple que prévue pour répondre aux Accords de Paris : changer notre mode de vie. A nous de le définir. 

Félix Lançon